Témoignages / Rapports d'activités

  01/12/2016

 


 Du 12 novembre au 30 novembre 2016.

RAMECHCHAP

C'est par la région du Ramechchap, que j'ai débuté mon programme, accompagné de notre coordinateur local Pushkar et rejoint par une de nos adhérentes Nadège MOREY.

L'association MANOJ a pu fournir à l'école du village de NIGURE, du matériel scolaire pour 120 enfants.  A chacun a été distribué 9 cahiers et 4 stylos. Des chaises ont été également achetées pour la salle de réunion des professeurs.
Ce matériel a été fourni par l'intermédiaire de la mobilisation des classes de CE1 et CM1 de l'école Léon BOURGEOIS A de Colombes ( 92 ), ceci grâce à leur maitresse Mme Jocelyne PHILIPPE.
Dans cette école, une nouvelle collecte a déjà débutée pour l'année prochaine. L'école de NIGURE peut désormais compter sur ce partenariat entre les deux écoles.

Situation géographique de NIGURE ( vue sur la chaine Himalayenne )

Vue sur une partie du village de NIGURE

Les cahiers, crayons et chaises

Un accueil très chaleureux à la népalaise.......!

Belle récompense pour notre ami Pushkar et la reconnaissance de son village pour son investissement .




La distribution a pu s'effectuer dans une ambiance amicale et festive.






https://youtu.be/2x-HZqAxSNc



















Des danses toutes spécialement préparées pour nous. Tout le charme de ce beau pays et de sa culture.
.










https://youtu.be/Slgsq5v8OpY


Clappe de fin des cérémonies, tout le monde se lache . Belle ambiance !



NAMASTE 2

Le village de NIGURE remercie très chaleureusement l'organisation étudiantes de médecine de Grenoble NAMASTE 2, partenaire de l'association MANOJ, pour l'achat de 2 km de tuyaux, qui va permettre la distribution d'eau dans l'ensemble du village de NIGURE.
Yurani-Anaëlle-Charlotte et Anne étaient passée en Juillet dernier par le village de Pushkar. Elles ont accepté la demande d'aide faite par le village. Un très beau projet très concret  La livraison s'est faite le
11 novembre. Le transport par camion en pleine période de mousson aurait pu engendrer quelques soucis d'embourbements en raison des pistes humides et boueuses à cette époque de l'année.


Diplôme de remerciements pour NAMASTE 2

 NIGURE

Juillet 2016 avec Dhan et Pushkar


Acheminement par camion






Fin des festivités: Des couleurs magiques, des sourires, toujours des sourires!







VDC de SIMJUNG

J'ai poursuivi mon programme avec Dhan dans la communauté de commune de Simjung. Nous avions, avec l'argent de deux sponsors ( Esperanto Bourg en Bresse et la troupe de théâtre Changer l'air )  décidé de la construction de deux fontaines dans deux lieux différents du village de Gogompani ( village de Dhan ) et ainsi capter des sources d'eau jusqu'ici inexploitées.

Belle surprise à mon arrivée sur les lieux. Les deux constructions sont des fontaines massives avec un aménagement en pierre pour sécuriser le sol et consolider la structure des fontaines. Elles sont constituées pour l'une de trois réservoirs d'eau, pour l'autre d'un seul mais très grand.


La première fontaine

Début des travaux avec captage de la source

début de la construction

réserve de pierres pour la structure
La source a été capté dans un grand réservoir


La fontaine




Celle ci est installée en contre bas du chemin et ainsi permettre, entre autre, plus d'intimité pour la toilette des habitants.

Inauguration à la mode " Gurung " Ethnie locale à laquelle appartient Dhan

Avec la population

Fontaine sponsorisée par la troupe "Changer l'air " et de son spectacle " l'or bleu". De l'importance de ne pas gaspiller ni polluer l'eau.




https://youtu.be/Jb0QFSkroL8

La deuxième fontaine, située au centre d'un hameau de Gogompani


Premier réservoir


deuxième réservoir


Vue sur le troisième réservoir contenant la fontaine

La fontaine

On aperçoit de droite à gauche les trois réservoirs d'eau et la fontaine

Début de l'inauguration

En présence de la population.


L'inauguration a eu lieu le 21 novembre avec la population locale et futur utilisatrice de cette fontaine. Elle est suffisamment grande pour permettre de s'y retrouver à plusieurs et ainsi facilité les échanges ( 2 robinets et un déversoir ).



 https://youtu.be/0XOrasSKVrQ

Une visite traditionnelle a été faite au dispensaire de Simjung. Nous avons pu constater que les équipements achetés par Namaste1 et 2 sont bien utilisés et en fonctionnement: Le Laboratoire, les tables d'accouchements, le Baby Warmer, l'ordinateur.
Des étagères en bois ont été faites, nous en avons commandé quelques autres afin d'équiper l'ensemble des salles de soins du dispensaire, et pouvoir établir une vrai pharmacie. Elles sont réalisées par des artisans menuisiers locaux.


Le dispensaire


Table d'accouchement


Baby Warmer
Le laboratoire en fonctionnement
L'ordinateur :gestion des patients par l'infirmier





Etagères murales


Le village de Gogompani et l'ensemble des villages de la communauté de commune de Simjung, restent toujours sinistrés du séisme du Samedi 25 Avril 2015. Les habitants n'ont jusqu'à présent reçu aucune indemnités de l'état népalais comme cela était prévu. Les habitations sont faites de planches de récupération et de tôles métalliques ( que nous avions achetés pour l'ensemble de la communauté de commune ) qui couvrent les toits des maisons.
Il n'existent plus aucune maisons traditionnelles faites en terre, pierre et ardoise dans cette région.

A la question que l'on me pose très souvent: Où en est la reconstruction...? la réponse en image!
Pas d'argent, pas de nouvelles constructions, notamment anti sismiques...!










Le village de Simjung actuellement
Avant le séisme...!
Ecole de Gogompani

Dhan en est le président de l'école du village de Gogompani. Un meeting s'est tenu afin de définir les projets d'avenir et les démarches à accomplir pour faire accélérer l'intervention de l'état népalais pour la reconstruction de cette école.








Les conditions de travail pour les élèves et les professeurs sont réduites à un équipement des plus simples. Tout ou pratiquement tout a été écrasé suite au séisme. Pas facile d'étudier !!!








L'école primaire " Notre Dame " de Beaune, partenaire depuis 5 ans de cette école m'avait confié quelques dessins de France. Une distribution a été faite. Un échange sera fait à l'heure tour lors de mon prochain voyage en Avril 2017. Des fonds financiers de l'école Notre Dame actuellement en compte, sont en attente d'utilisation pour l'équipement en matériel de la futur école de Gogompani.

GORKHA

Enfin avant de regagner Kathmandu nous sommes passés par la ville de Gorkha afin d'y rencontrer la jeune Kalpana, 18 ans, actuellement en fin d'études infirmières. Ses études payées par l'association MANOJ via un sponsor privé, sont terminées. Elle démarre actuellement un stage pratique de 3 mois. Ses résultats seront connus en avril. Des examens d'embauches l'attendront alors pour trouver un poste et démarrer sa vie active.





Retour sur Kathmandu


* Rencontre avec le petit Rohan, 7 ans, que nous suivons depuis 2 ans, et sa prise en charge de ses chimiothérapies. Il va actuellement très bien. Ses traitements sont terminés et ne prend plus aucun médicaments. Des visites de contrôles sont programmées tous les 6 mois. Après deux ans sans scolarité, il va débuter 2 mois de cours privés afin de retrouver un rythme scolaire et intégrera sa nouvelle école en Mars prochain.


* Visite à l'orphelinat de" Shed the Light " de Dipeeka Adhikar. Dipeeka, est une petite orpheline détectée lors d'un camp de santé MANOJ avec les docteurs Manon Aufranc et Rolande Ramdriasora dans la région du Lamjung. Elle vit désormais depuis 2 ans dans une grande" famille" et a été rejointe depuis un an par son frère de deux ans son ainé. Nous entretenons depuis deux ans, une relation très amicale avec l'association Népalo-Australienne "Shed the light".

Dipeeka il y a  2 ans ( 5 ans )

 7 ans

Le 29 novembre 2016

Sa nouvelle famille: A gauche sur la photo


* Rencontre de Bikash

Bikash est le grand frère du petit Manoj décédé. Il est actuellement scolarisé dans une école privé de Kathmandu, en classe de quatrième. Son passage d'une école publique, à Simjung, d'un enseignement fait en népalais, à une école privée sur Kathmandu ou l'enseignement se fait en anglais lui a posé quelques problèmes dans ses premiers mois d'école. Mais ses professeurs ont constaté de très nets progrès depuis quelques mois. Il peut donc continuer ses études. A la demande de la maman, l'association MANOJ, en hommage au petit Manoj, a accepté de façon exceptionnelle de prendre ses études en charge par l'intermédiaire de trois sponsors privés. (Petite précision: L'association ne fait que du parrainage scolaire infirmier.) Il lui reste encore deux ans avant son SLC (Le SLC est l'examen final du cycle secondaire du Népal: équivalant de la seconde  ). Il fait également des compétitions de karaté, où il semble très à son aise.



Avec ses professeurs



Enfin Dhan Bahadur GURUNG notre coordinateur en chef, est désormais propriétaire à 46 ans de sa première moto ( 135cm3 ). C'est le 26 novembre qu'ensemble nous sommes allés choisir et acheter ce véhicule, qui  lui apportera plus de facilités de déplacement ( de nombreux embouteillages à Kathmandu ) et un gain de temps certain dans ses journées de travail où les déplacements sur Kathmandu sont toujours très délicats..! : Hôpitaux, à son agence de trek,...etc et ses nombreuses journées passées pour le compte de l'association MANOJ avec les prises en charge médicales. Cette moto a été financée en partie par des motards du village de Matour ( siège de l'association ), qu'il a eu le plaisir d'emmener en trek, sur le tour des Annapurnas en octobre 2015 .






Dhan remercie très chaleureusement les " Matrayes " . Un tshirt lui a été offert au logo de cette organisation de motards locale.




Hommage

Enfin comment ne pas finir ce compte rendu sans avoir une pensée très émue et très forte pour la famille de Debendra Ante Magar, jeune garçon détecté en juin dernier et atteint d'un méningocèle. Debendra souffrait de plus en plus de cette grosseur dorsale. Il est décédé le 11 novembre, veille de mon arrivée. Son état s'étant brutalement aggravé en quelques jours après une intervention réalisée avec succès deux mois auparavant.

Malgré une opération délicate techniquement, la famille avait souhaité la réalisation de cette intervention.

Je remercie Pushkar, du travail rempli d'humanité qu'il a effectué auprès de la famille lors de l'organisation des funérailles de Dependra.

 


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 Témoignage: Voyage du Dr Laurence BELZ : Août 2015 :


                                                                                     Voyage en humanité


                                                                                                            Simjung

                                                                                            Il était un village au Népal
                                                                                        
                                                                                           un village envers et contre tout



Il était un village depuis des siècles, un village d’agriculteurs, de paysans de montagne, un
village Gurung.

Les Gurung constituent une des ethnies du Népal, ethnie tibéto-birmane himalayenne vivant
principalement dans la région de Pokhara au Népal., dans le district de Gorkha.

Ce 25 avril 2015, le séisme a tout détruit, tout balayé, mis les maisons par terre, le fruit de
tant d’années…un village ancestral aux murs de pierres sèches, aux toits d’ardoises .
Depuis des siècles Simjung existe et vit envers et contre tout.


Sous le même toit , la Famille et toutes les générations cohabitent, les arrières et les grands parents
(bugu , bagi), les parents ( aama, baba), les enfants. Chacun, à sa place, joue son rôle
et perpétue la tradition, assurant la transmission aux plus jeunes.

Bien sûr les temps changent et l’évolution est inéluctable. L’électricité…bientôt la route…
finiront par apporter le progrès. Ils sont déjà connectés et la téléphonie resserrent les liens et
parfois même internet marche.

Autour du foyer, du four à bois que l’on alimente avec le bois de la montagne et dont l’on
ravive la flamme au soufflet d’un tuyau de bambou creux, tout le monde est là réuni pour
manger le dalbat, ce plat traditionnel fait de riz, lentilles, légumes et parfois viande, assis en
tailleur ou sur de petits tabourets.




 Ici le rythme de la vie se cale sur la courbe du soleil, le réveil au lever du jour et le coucher à
la nuit tombée, même si les lampes solaires éclairent les nuits des journées suffisamment
ensoleillées…

Ici le rythme des saisons scandent les travaux des champs et la récolte du riz, du millet et
maïs…
Ici pas de mécanisation, pas de tracteur, tout à la main et les pieds dans la terre, les hommes
labourent et charruent avec les buffles, les femmes sèment et plantent.

Ce rapport à la terre si dur et direct, violent, physique et charnel, comme un corps à corps.,
c’est la terre qui donne , c’est la terre qui reprend!

C’est comme cela! C’est ainsi… la fatalité !? C’est la vie…

La lutte incessante contre les éléments continue. La vie et la mort, la mort et la vie .Le cycle
éternel reprend son mouvement perpétuel comme une roue qui tourne et tourne encore
depuis la nuit des temps.

Mais ici ,tous ensemble, un village entier en communauté s’organise et reprend son travail de
fourmi.
Le temps de la reconstruction est venu.











                                                                                                         La vie continue.

                                                                                         Aux hommes de bonne volonté!

Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues, chacun apporte sa pierre à l’édifice.


En tant que médecin et amie d’une famille népalaise de Goganpani ( village de la
communauté de Simjung), je ne pouvais pas rester immobile face à leur drame.

Simjung , un voyage en humanité, c’est d’abord la rencontre avec des hommes, une famille,
Dhan et Gopi , Monoz , Rita, Manisha, Precious, Sabine.





Je les ai rencontré lors d’un trek , le célèbre Tour des Annapurnas en octobre 2013.

Leur gentillesse m’a profondément touchée et une amitié est née, naturelle et spontanée.
Aujourd’hui ils font partie de ma famille.

L’aventure himalayenne ne se nourrit pas que de paysages , elle est faite aussi de partage et
d’échange, elle nous transporte aux confins de nous mêmes et à la rencontre des autres. Dans
cette ascension vers les hauts sommets, l’élévation physique rejoint l’élévation de l’esprit et
une fenêtre s’entrouvre sur un autre monde, une autre humanité . Dans cet univers d’eau, de
terre, de feu, et d’air , cette autre culture nous renvoie à nos racines, nos origines profondes.
Ce voyage hors du temps nous percute, nous bouscule et m’a touchée en plein coeur.

                            J’ai tout de suite su que je n’étais pas que de passage.

Donc ma première rencontre c’est Dhan. Dhan est notre guide au Népal, guide de montagne
pendant la période des treks et agriculteur le reste du temps. Mais ce n’est pas tout, il est aussi
investi au niveau communautaire dans son village, acteur clef sur le terrain, coordonateur de
plusieurs associations humanitaires dont l’association Manoj .





C’est par son intermédiaire que je suis rentrée en contact avec Thierry Giraud, président de
l’association Manoj et aussi infirmier en France. Même si nous ne nous connaissons pas
réellement ou que par clavier interposé , nous parlons le même langage., il y a là comme une
évidence. Ma deuxième rencontre c’est Thierry .

L’association Manoj, depuis plusieurs années déjà, apporte son soutien à ce beau pays et à ce
peuple si humble et si fier à la fois. Alors quand le séisme a tout mis par terre, elle était
naturellement là pour aider et repartir dès les premiers instants, secourir d’abord dans
l’urgence, pour se nourrir, subsister,s’abriter,se soigner!..vivre! Reconstruire…





Ce sont toutes les maisons qui ont été réduites en gravats.100% des habitations ont été
détruites. 100% c’est du concret et du réel. Après les bâches, les tôles ondulées remplacent,
dans le paysage, les toits. De bric et de broc, avec ingéniosité, tout ce qui a pu être récupéré, a
été cloué, vissé pour recréer un habitacle. Les abris de fortune subsistent et subsisteront
encore un temps certain. Il s’agit de pertes matérielles. Il est plus difficile de parler des pertes
humaines avec pudeur, tact? Les blessures sont encore béantes.Tout le monde ici a perdu un
proche, parent ou ami…



Pour assurer une sécurité sanitaire, se protéger des épidémies., les sanitaires sont rebâties.




Les dispensaires continuent leur missions. Avant postes des hôpitaux ils assurent des missions
de prévention, de soins. L’association Manoj participe à leur fonctionnement et équipement.

Le dispensaire assurent des consultations, des actions de prévention avec conseil sur l’hygiène
et notamment l’eau, suivi nutritionnel, vaccinations, suivi de grossesse et accouchement,
dépistage de l’hypertension, du diabète, des troubles visuels, campagne bucco-dentaire…

Avec l’association Manoj des camps de santé sont organisés pour dépister et traiter des
pathologies ophtalmologiques, cardiologiques, dermatologiques, pédiatriques,dentaires.

Des prises en charges médicales sont assurées pour des pathologies que les personnes elles
même ne peuvent pas financer.
Comment une fois la phase d’extrême urgence passée, maintenir une aide?

Bien sûr, il ne s’agit pas de sauver le Népal ( comme le dirait Thierry), mais de rester solidaire,
de garder cette main tendue. Certains verront ici une goutte d’eau… mais j’espère me rendre
utile. Et les gouttes d’eau ne font-elles pas les océans ?

Nous avons donc décidé que je pourrais venir travailler au dispensaire en collaboration avec
l’assistant médecin et les infirmières . Examiner , échanger et discuter en parallèle pour une
consultation à quatre mains.



 L’assistant médecin est une fonction que nous ne connaissons pas chez nous, il exerce des fonctions de soins comme un infirmier mais aussi de prescription comme un médecin dans une certaine limite, pour les traitements chroniques il réadresse vers un cabinet médical.

Les dispensaires de campagne sont somme toute isolés et quand il faut aller consulter en ville,
il faut d’abord marcher 1, 2 ou 3 heures puis faire 6 à 7 heures de route en bus. pour les
urgences l’association a financé une ambulance ( et un chauffeur) abimée lors du tremblement
de terre , qu’il a fallu réparer.

Une journée au dispensaire de Simjung

Du village de Goganpani, il faut descendre à pieds plus bas. Tout se fait en marchant ici et
chemin faisant Namasté aux villageois, Namasté aux paysans dans les rizières, Namasté à la
croisée des chemins avec les écoliers qui dévalent les pentes.





Nous arrivons devant un grand bâtiment en dur , le seul avec la mairie du VDC de Simjung,
à tenir debout. A côté se tient une grande tente unicef pour les accouchements, les femmes ne veulent plus risquer de se voir ensevelies. Il faut dire que les répliques moindre mais réelles se
reproduisent et font encore craindre le pire.





Au dispensaire, nous attendent Ram Kaji Dawadi (assistant médecin), Devi (infirmière et sage
femme),Jamuna (infirmière). Les présentations sont faites et Dhan nous sert d’interprète franco
népalais , même si Ram Kaji parle anglais, mon anglais à moi reste approximatif.


Commence le défilé des consultations .Cela n’a rien à voir avec ma pratique quotidienne, pas
vraiment les mêmes pathologies et pas les mêmes traitements.
Il y a ceux qui viennent voir qui est le docteur par curiosité…
Ils ont peut être besoin de parler de leur maux, de leur misère, de leur douleur de tous les
jours, de la rudesse de leur vie, courbés, harassés par les travaux des champs, des rizières, la
corvée de fourrage.. et puis du séisme…



Le gros des consultations au dispensaire concernent des arthralgies, dorsolombalgies,
gonalgies, tout le cortège des douleurs mécaniques liées aux conditions de travail de ses
agriculteurs aux pieds et mains nus.
Puis viennent les infections cutanées, cellulite, ulcère surinfecté, pustules, panard, abcès,
gâle…

Le climat chaud et humide et ce temps de mousson y est pour quelque chose ainsi que la
manque d’hygiène.

Encore très fréquemment surviennent des infections respiratoires assez souvent sévères avec
gêne respiratoire et sifflement, faisant craindre des pneumopathies.
Des otites aigues tournent facilement à la chronicité.
Ici tout prend des proportions démesurées et flambe.

Il faut anticiper avec les moyens du bord, l’arsenal thérapeutique se résume à l’essentiel:
* paracetamol
* ibuprofène
* amoxicilline
* clarithromycine
* ciprofloxacine
*salbumol sirop
pas de ventoline en spray, pas de chambre d’inhalation…

J’ai aussi vu de volumineux goîtres thyroidiens ( comme nous n’en voyons pas ici) lié à la
carence en iode .
Par ailleurs quasiment tous se plaignent de maux gastro-intestinaux .

Pour les cas sérieux, l’hôpital est parfois le recours nécessaire, il y a l’ambulance pour les
urgences, sinon il faut descendre des visages à pieds jusqu’à l’arrêt du bus après 1,2 ou 3 heures de marche et c’est la le moindre des problèmes à côté des frais de transport et des frais
médicaux que certains ne peuvent pas débourser. L’association peut en aider certains.

Pour les pathologies chroniques, elles doivent aussi être soignées par un médecin, c’est à dire
la plupart du temps à l’hôpital.

Dès lors qu’un minimum de bilan est nécessaire, ne serait-ce qu’une simple prise de sang, il
faut recourir à l’hôpital. L’exercice médical c’est non seulement la pratique clinique mais aussi les examens
complémentaires: bilan sanguins, radiographie etc… Et dans la pratique quotidienne, une
prise de sang est souvent utile dans le dépistage et dans le diagnostic. L’association Manoj a
participer à l’équipement du dispensaire et à l’achat de matériel pour équiper un laboratoire
d’analyse médicale ( Matériel médical financé par des étudiantes en médecine de Grenoble ). Mais il faut encore que les autorités locales acceptent de financer l’employé du laboratoire pour effectuer les prélèvements et analyses.

Grâce à l’intervention l’association Manoj et de co ordinateur local, Dhan Gurung, des
réunions avec le secrétaire du VDC de Simjung semblent avoir abouties à un consensus et le
laboratoire d’analyse devrait pouvoir démarrer prochainement. Une grande avancée!

Au total 81 consultations ont été assurées sur la semaine et certains cas m’ont
particulièrement touchée.

Il y a eu Pabina, un an , amené par sa maman, elle même handicapée par une pathologie
ophtalmologique visuellement héréditaire vu le regard de Pabina. Depuis 4 jours, il a 40° C,
et présente une cellulite de la face avec un volumineux abcès sous-mentonnier. L’hospitalisation est absolument nécessaire et relativement urgente. La mère est prise de panique et il a fallu aller chercher le père mais sans argent pas d’hospitalisation possible, pas de transport ni de soins. Dhan a dû tout organiser.
C’est dans ces cas-là que l’association Manoj intervient et apporte une aide financière. Le
lendemain Pabina était arrivé à l’hôpital.






Il y a eu cette femme ayant eu une plaie surinfectée du pied que l’assistant médecin a pris en
charge comme un véritable chirurgien (chez nous) en effectuant des parages quasi
chirurgicaux. Par contre pour l’anesthésie il faudra repasser, et la patiente serre les dents sans
broncher, semblant comme insensible à la douleur en tout cas éminemment courageuse, me
laissant admirative. Les hygiénistes auraient fait des bons car les conditions d’asepsie sont loin
d’être respectées. Cependant la prise en charge semble efficace.

Il y a eu la petite Rasmi, 2 ans, qui vient pour une fièvre à 38°2 liée à une pneumonie. Mais
l’on est tout de suite interpelé par son petit poids et des signes de carence vitaminique et nutritionnelle avec une glossite et cette infection respiratoire. L’oeil avisé de Ral kaji a tout de
suie détecté les signes et mis en place les aides. Elle est prise en charge par le dispensaire pour
traiter sa pneumonie par de l’amoxicilline et pour sa dénutrition avec des apports
vitaminiques ( vitamine A) et des compléments alimentaires (plumpydose) ainsi qu’une
surveillance toutes les semaines par le dispensaire.

Je pense aussi tout particulièrement à Sandya, 7 ans, qui faisait des cauchemars depuis le
séisme, que ses parents ne pouvaient consoler. Que leur proposer ? Si ce n’est une écoute, les
conseiller de la faire parler. Je leur ai même parler de faire des dessins mais ont-ils seulement
du papier et des crayons!?

Kimani, 25 ans, est venue d’une autre communauté des communes, a marché pendant 2 à 3
heures, attendue des heures le défilé des consultations pour passer en dernier, pour parler de
sa souffrance, de ses angoisses, de son isolement et de l’absence de son mari parti travaillé en
Inde, de sa difficulté à vivre… Elle repart avec une ordonnance d’alprazolam pour quinze
jours en lui demandant de reconsulter. Le fera t’elle ? J’espère lui avoir apporter ,
modestement, une écoute, un peu de réconfort, d’empathie… un peu de compassion… Est
ce suffisant, j’en doute …



j’aimerai avoir des nouvelles de tous.

j’ai du mal, sur une aussi courte durée, à voir s’il existe un suivi.

Le fait est qu’il y a pour chaque consultation une fiche volante mais qu’il n’y a pas de dossier
médical au vrai sens du terme. Il y a sans aucun doute un réel intérêt à mettre en place un
carnet médical qui suivrait le patient. Mais il faut lancer un travail collaboratif avec les
équipes médicales des dispensaires pour voir avec elles le meilleur outil.

Difficile de conclure sur mon rôle médical, il s’agit vraiment d’un travail en interaction, d’un
échange , d’une observation et d’une assistance à la pratique médicale du dispensaire. J’ai
beaucoup appris de cet exercice médical loin de ma pratique académique, bousculant pas
mal de codes occidentaux tant dans la démarche diagnostique ( clinique essentiellement ), que
thérapeutique avec un arsenal restreint mais aussi des posologie et durée de traitement
nettement moindres.

J’ai trouvée cette expérience particulièrement enrichissante et suis prête à recommencer. En
discutant avec Ram Kaji, l’assistant médecin, il semble avoir apprécié notre collaboration et
semble aussi prêt à recommencer avec un plaisir partagé.

La prochaine fois l’exercice devrait être différent puisque dans un avenir proche le laboratoire
d’analyse devrait apporter son aide et permettre une meilleure prise en charge médicale
locale sur le site du dispensaire même.

Un grand merci à toute l’équipe du dispensaire qui a bien voulu m’intégrer et accepter mon       
regard sur les pratiques et partager nos expériences mutuelles.

Avec un clin d’oeil en amande et un beau sourire éclatant le peuple Gurung vous prend par la
main et vous touche en plein coeur.

Toute mon admiration, mon profond respect à ce pays , aux Gurung et tout particulièrement
à mes amis Dhan et sa famille qui m’ont accueillie à bras et coeur ouverts .

                                       
                             Il est un village Simjung au pays Gurung, peuplé d’amis.

                                                            
                                                                                 La vie continue.






Au revoir et à bientôt.
Dr Laurence BELZ

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Situation géographique de Simjung